15/04/2018

Un livre d'éveil pour découvrir la campagne.

L'été dernier, juste avant d'aller faire découvrir la campagne en famille à notre petit bonhomme, j'avais fait quelques livres en tissu. Un sur le thème de la ferme que je vous ai déjà présenté (ici) et un deuxième que je vous montre aujourd'hui.


Le but était de lui présenter ce qu'il allait découvrir avec nous pendant le séjour chez ses grands-parents. Pour construire ce livre, j'ai dû choisir ce qui me semblait le plus emblématique de ce lieu, saisissant ainsi l'occasion de lui transmettre un bout de mon histoire et de mon enfance. 

Pour commencer, il fallait forcément un tracteur. Bien qu'il était déjà présent sur la couverture du livre au milieu des animaux de la ferme (ânes, poules, canards, moutons, cochons, vaches... de quoi fournir des heures et des heures d'imitation de cris divers), il lui fallait bien une page pour lui tout seul. 


J'ai cousu un tracteur de la même couleur que celui qui trône dans la bibliothèque de Papi (oui, la figurine en fimo sur le tracteur est bien une de mes œuvres)


Les paysages et mes souvenirs d'enfance sont marqués par les traces de tracteur. Tout enfant ayant grandi à la campagne a un jour dévalé une pente dans les bosses laissées par les pneus des tracteurs en criant des "AaaaAAaaaAAaaah" rien que pour le plaisir des secousses et d'écouter les effets de trémolos que cela donne à la voix.


Pour réaliser cette page, je me suis amusée à varier les textures, les tissus. J'ai utilisé deux ronds crochetés pour faire les roues et j'ai symbolisé les marques de labours avec des boudins de tissus remplis de ouate.


J'ai retrouvé dans mon stock de rubans ces marques de pas qui ne pouvaient pas trouver meilleur emplacement.  
Vive la gadoue !!


Le jardin de mes parents offre une vue imprenable pour observer le manège des tracteurs. Et quel terrain de jeu !


Du haut de ses un an, le petit bonhomme ne s'y est pas trompé et a décidé que le moment était venu de faire ses premiers pas et de partir à la découverte de l'herbe, des fleurs, les insectes... 




Les vélos se sont aussi imposés vu qu'il y en a un nombre assez impressionnants dans les appentis autour de la maison : de toute époque et pour tout âge. Ce tissu, offert par une amie il y a des années, n'attendait qu'une bonne occasion pour sortir de son tiroir. J'ai appliqué dessus un chien, plein d'énergie, prêt à détaler derrière la moindre trottinette ou le premier cycliste venu.


Langue pendante, évidemment, parce que ça donne chaud de courir après les vélos et parce que je savais que ça amuserait Thomas ce petit ruban à attraper.


Quelques points de broderies près des babines pour accentuer le relief donné par la ouate 
et un joli ruban rouge en guise de collier.


Gamine, quand je prenais mon vélo, c'était souvent pour aller grattouiller et papouiller un cheval donc, de fil en aiguille, j'ai rajouté un cheval à ce petit livre.


Une barrière en bois et des tons tout doux. 
De la simplicité.


Des appliqués au point de bourdon à la machine et quelques points de broderies à la main pour le regard et les naseaux.


Que serait un jardin sans chats qui paressent au soleil ?...


J'ai choisi d'illustrer le petit nouveau venu dans la famille...


... un joli rouquin qui aime vivre perché et faire sa sieste dans les arbres.


J'ai utilisé en fond un ancien tissu ayant appartenu à ma grand-mère. Je trouvais que son motif vintage et fleuri donnait bien l'impression de feuillage que je cherchais, sans trop alourdir la scène. 




J'ai tellement trainé et joué dans les champs de maïs et de tournesol que la présence de cette fleur dans ce livre était obligatoire.


A cela, j'ai rajouté mon obsession de toujours : un épouvantail bien sûr !!! 


Je lui ai fait un chapeau en toile de jute et j'ai laissé volontairement la lisière en bas pour créer un petit effet mais aussi pour que Thomas puisse y glisser ses petits doigts. J'ai utilisé des infimes restes de tissus pour lui créer une blouse en patchwork (un peu comme la blouse de joli coeur pour Halloween). Un merle s'est posé sur son bras. Je lui ai brodé un visage tout simple et j'aime beaucoup son expression.


Les tournesols ajoutent de la lumière à cette page.


J'ai découpé des tournesols sur un tissu imprimé et je les ai ensuite appliqués au point de bourdon avec ma machine. C'était une toute petite chute de tissu, je n'avais même pas un tournesol entier, c'est pourquoi je les ai cachés en second plan. Il manquait le bas de la fleur, j'ai caché la misère en créant une feuille en tissu. Elle dépasse volontairement du livre, comme un marque-page.  Elle sert également à agripper la page, à la tourner plus facilement. La contrainte facilite parfois la création et les idées nouvelles ;)



C'est incontestablement ma page préférée de ce livre !!!


Ma mère consacre beaucoup de temps à son potager et tous ses efforts ont souvent été anéantis par des lapins voraces qui dans la nuit dévorent carottes et blettes sans remords. En témoigne ce dessin que je lui avais fait lorsque je devais avoir 9-10 ans. 


On y voit mon vieux toutou de cocker (pas chien de chasse pour un sou et même plutôt mauvaise-herb'ivore sur les bords) qui aide les lapins à festoyer dans le jardin de ma mère. Je crois qu'elle doit avoir pas mal de dessins sur ce même thème dans ses tiroirs... Ma dernière page était toute trouvée !


Une poche maintenue par deux carottes, une cachette secrète pour lapin gourmand
Enfin secrète, secrète... Thomas a vite compris qu'il manquait un truc dans la poche là ! 


J'ai cousu un petit lapinou tout simple, très schématique, assez plat pour ne pas prendre trop de place dans le livre mais avec de grandes oreilles qui dépassent bien.



Et voilà un petit lapin caché, qui attend que la nuit tombe pour engloutir son poids en carottes.


J'espère vous avoir donné envie de créer vos petits livres en tissu, avec vos souvenirs à vous, vos histoires, ce que vous avez envie de partager avec vos bambins. C'est tellement un régal de jouer avec les couleurs, les reliefs, les textures et le plaisir de voir leurs petites mains explorer le moindre recoin de tissu n'a pas de prix !
Thomas a bien grandi maintenant, ça fait un long moment déjà qu'il est passé aux livres en carton et en papier mais il va régulièrement me ressortir ces livres en tissu... Il faut croire qu'ils ont une place à part dans nos cœurs de petit garçon et de maman. 




20/03/2018

Les recettes de Grand-Mémé


Comme le printemps tarde à montrer son nez, j'ai décidé de partager avec vous des recettes réconfortantes. Elles me viennent de la grand-mère de mon Homme et, même si je les ai découvertes en étant adulte, je trouve qu'elles ont un bon goût d'enfance
Des biscuits et une bouillie à base de lait : parfait pour un goûter revigorant après une longue balade dans le froid.


C'est d'ailleurs après une longue promenade au cœur de l'hiver que l'Homme m'a fait découvrir la première recette. Il a sorti de la farine conservée dans un petit sac qu'il tenait de sa grand-mère et l'a versée dans du lait. Il avait beau me promettre que c'était trop bon, ça avait une sale tête et en cuisant, ça avait une odeur que je trouvais bizarre. J'avais froid, j'avais faim, j'ai goûté pour lui faire plaisir et au final,  j'ai dévoré tout mon bol de bouillie sans me faire prier et en me léchant les babines. 
L'Homme ne savait pas du tout ce que c'était. Il se souvenait juste que sa grand-mère appelait ça la "charalibe". Des années après, j'ai entrepris des recherches pour retrouver cette mystérieuse farine parce que croyez-moi quand je trouve un truc bon, je ne l'oublie pas (et une recette qui se perd, ça pourrait me faire pleurer) !!
Il s'est avéré que c'était de la farine de sorgho, aussi appelée Drôo en Tunisie. Comme vous pouvez le voir sur l'image, elle possède des qualités nutritives très intéressantes. Elle était très difficile à trouver mais avec la démocratisation du "sans gluten", on la trouve plus facilement maintenant (même si je l'achète encore principalement sur Internet).


La réalisation de cette bouillie est simplissime.
Pour deux personnes, versez 1/2 litre de lait dans une casserole. Ajoutez deux cuillerées bombées de farine de sorgho et quatre cuillerées bombées de sucre en poudre dans le lait froid.


Faites ensuite chauffer à feu très doux, en remuant sans cesse avec un fouet, jusqu'à épaississement du liquide. Attention, en refroidissant, la bouillie a tendance à se figer et à épaissir un peu plus, il vaut donc mieux arrêter le feu avant qu'elle ne soit trop épaisse.


Traditionnellement en Tunisie, elle est servie aromatisée avec de l'eau de fleur d'oranger, des graines de sésame, des fruits secs, des épices (cannelle, gingembre)... Dans certaines recettes, on la mélange plutôt à de l'eau qu'à du lait ou alors à un mélange moitié lait/moitié eau. Parfois aussi, le sucre est remplacé par du miel. Moi, je l'aime nature et simple, comme je l'ai goûté, comme je la partage avec vous. 
C'est une recette particulièrement réconfortante et rassasiante, une vraie bonne recette de grand-mère quoi !


Avec les épaisses couches de neige qu'on a eues cet hiver, j'ai eu envie de ressortir une autre recette de Grand-Mémé : les petits biscuits

Commencez par verser 250 g de farine, un demi-sachet de levure chimique et 125 g de sucre dans un saladier.


Mélangez et incorporez ensuite 95 g de beurre ramolli et un œuf entier. 
Mélangez à nouveau la pâte avec vos mains. 


Ajoutez ensuite un demi-sachet de sucre vanillé et un quart de verre de lait. Pour vous donner une idée de la dimension du verre, j'ai utilisé un verre à moutarde Madame Câlin (parce que c'est chouette les câlins !).


Vous devez obtenir une pâte facile à travailler, si ce n'est pas le cas, ajoutez un peu de lait ou un peu de farine pour corriger le tir. Pétrissez bien la pâte et laissez-la reposer une heure sous un torchon. Reprenez ensuite votre pâte et sur une planche à découper, formez de longs boudins, assez fins.


Découpez les boudins obtenus en tronçons de 4 ou 5 cm.



Déposez-les sur une plaque recouverte de papier sulfurisé,  en les espaçant car ils doublent presque de volume à la cuisson. Les quantités données permettent de remplir environ trois plaques de four. 


Enfournez à four chaud (environ 200°C) pendant 5 minutes.


Au bout de 5 minutes de cuisson, à l'aide d'une fourchette ou d'une petite spatule, retournez-les. Ils sont encore blancs dessus, légèrement dorés en-dessous.


Une fois tous retournés, remettez-les dans le four et prolongez la cuisson de quelques minutes. 


Laissez-les refroidir un peu sur une grille avant de les déguster. Je vous préviens, ces petites choses partent très vite !


Normalement, si vous goûtez à ces deux recettes, vous pouvez continuer à hiberner tranquillement, sans avoir faim, jusqu'à ce que le printemps daigne enfin montrer son museau.